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Les Greniers d'Abondance

Mon territoire est-il capable
d’assurer la sécurité alimentaire
de ses habitants ?

Développé par

Les Greniers d’Abondance

Diagnostic du système alimentaire

Adéquation entre production et besoins

Le paysage agricole français, très diversifié jusqu’à la première moitié du XXe siècle, pourvoyait à une grande partie des besoins alimentaires à l’échelle locale. Les régions agricoles sont aujourd’hui largement spécialisées. À l’échelle d’un bassin de vie, presque toute la production agricole est exportée, tandis que presque tous les aliments consommés sont importés. Relocaliser le système alimentaire pour renforcer sa résilience nécessite de développer une agriculture nourricière, donc diversifiée.

Quelle situation pour mon territoire ?

Adéquation globale entre production et besoins

Cet indicateur représente la part des besoins du territoire qui pourrait en théorie être couverte par sa propre production (voir sources et règles de calcul).

Les besoins sont évalués à partir de l'application PARCEL qui fournit les surfaces agricoles nécessaires pour nourrir la population d'un territoire.

Les besoins et productions sont calculés ci-dessous toutes cultures confondues, et ils sont exprimés tous deux en hectares de surface agricole, afin de calculer le taux de couverture global (ratio entre la production et les besoins) pour chaque territoire :

Production Besoins Taux
de couverture
global

Adéquation entre production et besoins par type de culture

L'analyse de l'adéquation globale, sans prendre en compte les besoins par grande catégorie de culture peut masquer des déséquilibres importants (manques ou production excessive pour certains secteurs).

Le diagramme suivant illustre l'écart entre production et besoins pour le territoire , en présentant également la répartition pour chaque groupe de culture :

Production : ha

Besoins : ha

Basculer l'affichage :

Un mode de répresentation similaire, en superposant production et besoins permet de mettre en avant les manques et les surproductions pour chaque type de culture :


Finalement, le tableau suivant résume cela en présentant les taux de couverture des besoins par type de culture ainsi que la moyenne de ces taux, préalablement bornés à 100%, et pondérée par leur part respective dans le total des besoins). Cette moyenne représente de façon plus fine l'adéquation entre production et besoins que le taux de couverture global présenté plus haut, puisque tenant compte de la diversité des cultures nécessaire à une alimentation variée :

Part dans les besoins Taux de couverture

Impact du régime alimentaire

La part de produits de l'élevage dans le régime alimentaire impacte fortement la quantité de terre à mobiliser pour répondre aux besoins.

Le diagamme suivant met en regard la production, avec la part des besoins nécessaire à l'alimentation humaine et la part des besoins nécessaires à l'alimentation animale :

Basculer l'affichage :

Comment ma collectivité peut-elle s'améliorer ?

En favorisant l'évolution vers une agriculture nourricière, au travers des leviers suivants :

Levier 1 : Faire un diagnostic pour évaluer la capacité nourricière d’un territoire

La première étape pour améliorer son autonomie alimentaire à l’échelle d’une collectivité territoriale est de connaître la capacité de production locale, ainsi que les besoins de consommation des habitants. Un pré-diagnostic peut être réalisé à l’aide d’une simple comparaison entre les surfaces cultivées sur les terres de la collectivité et les besoins de la population correspondante. Une étude plus poussée des cultures à développer peut ensuite être réalisée, en tenant compte des spécificités géographiques du territoire.

Levier 2 : Favoriser la diversification des productions agricoles du territoire

Les producteurs en grandes cultures peuvent avantageusement allonger leurs rotations en y intégrant des légumes et légumineuses, et ainsi diversifier leur production. Des outils et infrastructures adaptés à ces cultures (semis, récolte, tri, stockage, transformation, etc..) et dimensionnés aux volumes attendus devront également être accessibles. Pour accompagner cette diversification, les collectivités peuvent proposer ou identifier des débouchés, les qualifier, les quantifier, voire amorcer des pistes de contractualisation, de partenariat et de mise en relation de l’offre et de la demande. La construction de filières de commercialisation locales doit également être soutenue.

Levier 3 : Utiliser la commande publique en restauration collective pour soutenir certaines productions

La commande publique de la restauration collective peut introduire des critères pour rendre ses appels d’offre accessibles aux producteurs locaux. En leur garantissant ainsi des débouchés, les collectivités accompagnent l’évolution des itinéraires de production des exploitants : assolements, cultures prioritaires, variétés, calibres…

Levier 4 : Développer l’agriculture urbaine et périurbaine

Les villes et leurs périphéries sont des zones privilégiées pour des productions sur petites surfaces de fruits et légumes frais. La proximité immédiate entre producteurs et consommateurs permet de diminuer fortement les besoins en pétrole pour le transport. Limitée du point de vue strictement calorique, l’agriculture urbaine et périurbaine peut cependant jouer un rôle important dans la diversification alimentaire. Elle participe au dynamisme et à la qualité de vie des quartiers concernés, et permet de sensibiliser les citoyens aux enjeux de résilience alimentaire.

Levier 5 : Encourager l’autoproduction par les citoyens

La production de fruits et légumes frais par les citoyens eux-mêmes peut jouer un rôle déterminant dans la résilience alimentaire d’un territoire. Elle sensibilise efficacement les habitants et joue un rôle social et économique important. Les collectivités peuvent mettre à disposition des terrains pour développer des jardins partagés, et organiser des ateliers de formation au jardinage.

Aller plus loin ?

  • Lire la voie de résilience Évoluer vers une agriculture nourricière du guide diffusé par Les Greniers d'Abondance.
  • Utiliser l'application PARCEL pour analyser plus en détails les différents scénarios de relocalisation et d'évolution du régime alimentaire, sur ce territoire ou sur un ensemble de territoires (N'hésitez pas à jouer avec les paramètres, notamment la part de produits animaux).
  • Visiter le géoportail de l'IGN cartographiant les données du Récensement Parcellaire Graphique de 2018 pour visualiser les surfaces agricoles d'un territoire donné.

Pratiques agricoles

L'agriculture occupe plus de la moitié du sol métropolitain. Les pratiques agricoles constituent donc la plus grande force d’évolution des paysages, et de la biodiversité qu’ils abritent. L’intensification sans précédent de l’agriculture se manifeste aujourd’hui par un environnement profondément dégradé, une dépendance élevée à de nombreux intrants et une grande spécialisation des systèmes agraires. L’adoption massive de pratiques agroécologiques est impérative pour renforcer la résilience des fermes, et enrayer la dégradation et l'homogénéisation de la faune et de la flore.

Quelle situation pour mon territoire ?

Part de surface agricole labellisée agriculture biologique

L'agriculture biologique répond à un cahier des charges qui incorpore plusieurs pratiques agroécologiques et fait l'objet d'un suivi régulier. La mesure de son niveau de diffusion sur les territoires est donc un élément intéressant dans le diagnostic des pratiques agricoles.

Cet indicateur correspond à la part de la surface agricole labellisée agriculture biologique (ou en conversion) dans la surface agricole totale du territoire (voir source et règle de calcul).

Pour le territoire

Score HVN (Haute Valeur Naturelle)

L’indice de Haute Valeur Naturelle (source et règle de calcul) permet de caractériser les systèmes agricoles qui maintiennent un haut niveau de biodiversité . Trois dimensions, notées de 1 à 10, sont prises en compte :

Le territoire

Comment ma collectivité peut-elle s'améliorer ?

En favorisant l'agroécologie, au travers des leviers suivants :

Levier 1 : Réaliser un diagnostic des pratiques agricoles sur le territoire, et fixer des objectifs d’amélioration

La diversité des pratiques agroécologiques et l’absence d’un label ou d’un cahier des charges précis rendent complexes la réalisation d’un diagnostic détaillé sur le territoire, l’élaboration d’un plan d’actions ou le suivi des changements. Pour cela, les collectivités peuvent se référer à certains indicateurs complémentaires, plus faciles d’utilisation :

  • L'agriculture biologique, qui répond à un cahier des charges incorporant plusieurs pratiques agroécologiques, et fait l'objet d'un suivi régulier ;
  • Les labels de qualité sont également souvent associés à des pratiques agroécologiques ;
  • L’indice de Haute Valeur Naturelle (HVN) développé par Solagro agrège des informations relatives à l’abondance des éléments paysagers d’intérêt écologique, à l’extensivité des pratiques agricoles et à la diversité des assolements.
Levier 2 : Sensibiliser, former et soutenir les agriculteurs dans le développement de l’agroécologie

Le passage à l’agroécologie peut demander aux exploitants des modifications substantielles de leurs itinéraires techniques, l’acquisition de matériel spécifique, et une évolution de leur modèle économique. Des efforts soutenus de sensibilisation, de partage d’expériences et de formation sont indispensables. L'animation de cette démarche peut être déléguée à un acteur de terrain ou gérée en propre par la collectivité. Cette seconde option permet de faire le lien avec l’animation foncière. La collectivité peut aussi jouer un rôle dans l’obtention de financements pour acquérir du matériel, développer des filières de valorisation ou assurer la bonne rémunération des agriculteurs lors de leur période de transition.

Levier 3 : Protéger et développer massivement les infrastructures forestières et paysagères

Les collectivités peuvent développer une stratégie de gestion forestière et paysagère associant les propriétaires fonciers, les exploitants agricoles, les sylviculteurs, et les organismes encadrant leurs activités. Il s'agit de :

  • Réaliser un diagnostic détaillé de la couverture forestière et des boisements épars sur les exploitations agricoles ainsi que de leur état de santé et de leur potentiel d’adaptation au changement climatique ;
  • Mettre en oeuvre des protections réglementaires en demandant leur classement par arrêté préfectoral ;
  • Fixer des objectifs quantitatifs et qualitatifs, échelonnés dans le temps. Les documents d’urbanisme comme le SCOT et les trames vertes et bleues peuvent être mobilisés en ce sens ;
  • Appuyer le développement d’une filière bois-énergie responsable, et des systèmes collectifs de chaufferie (réseau de chaleur) là où les conditions sont favorables. Des chantiers participatifs de plantation de haies et une gestion comme « biens communs » de ces dernières permet de sensibiliser la population.
Levier 4 : Encourager l’agriculture biologique et les productions sous label

Les productions certifiées comme l’agriculture biologique, les Appellations d’Origine Protégée, les labels de qualité pour la viande, incluent à la fois le respect de certaines pratiques agroécologiques et bénéficient en même temps d’une reconnaissance établie facilitant les conversions et leur réussite économique.

Aller plus loin ?

Population agricole

Entre 1988 et 2018, la population active agricole a été divisée par deux en France. La profession, qui représente aujourd’hui moins de 3 % des actifs et 1 % de la population totale, est vieillissante et peine à se renouveler. La France comptera encore un quart d’agriculteurs en moins d’ici une dizaine d’années si rien n’est fait pour freiner la tendance, alors que la transition vers un système alimentaire résilient nécessite des fermes plus nombreuses et intensives en main d’oeuvre.

Quelle situation pour mon territoire ?

Les indicateurs et chiffres-clés ci-dessous permettent de se faire une image de la population agricole et de sa dynamique d'évolution pour et ses territoires.

Part des actifs agricoles permanents dans la population totale en 1988 et en 2010

La part des actifs agricoles permanents dans la population totale ( source et règles de calcul) correspond au ratio entre le nombre de travailleurs agricoles permanents et la population totale.

Pour le territoire

Chiffres clés à l’échelle nationale

De nombreux agriculteurs vont partir à la retraite dans les années à venir et le nombre d'exploitations baisse constamment du fait de l'agrandissement de la taille moyenne des fermes par remembrement :

Comment ma collectivité peut-elle s'améliorer ?

En enclenchant une dynamique d'augmentation du nombre de travailleurs agricoles, au travers des leviers suivants :

Levier 1 : Réaliser un diagnostic et une veille foncière sur les projets de cession

Le but est d’identifier les futurs cédants d’un côté et les potentiels repreneurs de l’autre, via :

  • la réalisation d’un diagnostic détaillé de la population active agricole : tranches d'âge, projets de départ, transmissibilité des exploitations… ;
  • l’amélioration du Répertoire Départ Installation pour qu’il recense plus de cédants et donne plus de détails sur les fermes ;
  • la construction d’un dispositif de suivi des porteurs de projets à la cession ou à l’installation, et des propriétaires fonciers non exploitants soucieux de permettre une installation ;
  • la conclusion d’une convention de veille foncière avec la SAFER, qui a développé l’outil Vigifoncier pour informer de la vente de biens sur le territoire.
Levier 2 : Accompagner les transmissions en soutenant et regroupant les acteurs et réseaux locaux

Les futurs cédants et les repreneurs doivent être mis en relation pour préparer les transmissions. Plusieurs structures, telles que les Chambres d’agriculture (Points Accueil Installation) et les pôles InPACT locaux déploient des outils dédiés à cet accompagnement. Les collectivités peuvent relayer leurs initiatives, apporter un soutien technique ou financier, et fédérer ces acteurs, par exemple en :

  • rencontrant les agriculteurs proches de la retraite pour les sensibiliser aux enjeux de la transmission ;
  • organisant des « cafés installation-transmission » ou des portes ouvertes sur les exploitations ;
  • réalisant un diagnostic de préparation de la transmission et un accompagnement à la cession.
Levier 3 : Mettre en réserve du foncier et donner la priorité systématique à l'installation

La mise en réserve de foncier permet d’allonger les délais de vente et de faciliter les installations. Il s’agit d’acquérir un bien pour une durée limitée avant de le rétrocéder à un candidat. Les candidats ont ainsi le temps de consolider leur projet (emprunts, acquisition collective, parcours à l'installation, formation, etc.). Le stockage permet aussi dans certains cas de constituer une unité foncière suffisante à partir d’un parcellaire morcelé. Pour mettre en réserve du foncier, les collectivités peuvent :

  • établir une convention avec les SAFER, qui disposent d’un droit de prémption sur les terres agricoles ;
  • user elles-mêmes d’un droit de préemption urbain (DPU).
Levier 4 : Mettre à disposition le foncier disponible
  • Réaliser un état des lieux du foncier public non bâti. Les collectivités déjà propriétaires de terres agricoles mises à disposition des agriculteurs avec un bail précaire ou commodat peuvent faire évoluer ces baux en Bail Rural Environnemental (BRU) et y installer progressivement des porteurs de projets en circuits courts et bio.
  • Réaliser un inventaire détaillé des parcelles pour identifier les terrains communaux propices à une activité professionnelle ou à l’agriculture non professionnelle (jardins familiaux...), à confier potentiellement à la SAFER.
  • Les terres en friche peuvent être reconquises par application de la procédure de “biens vacants et sans maître” qui permet d’intégrer des biens “abandonnés” dans le patrimoine communal.
Levier 5 : Acquérir du foncier en propre

Lorsque la collectivité ne possède pas de foncier agricole, l’acquisition de terres est un premier pas témoignant de son engagement. Elle peut s’associer à la société civile au sein d’une société coopérative civile immobilière (SCCI), ou prendre des parts dans une foncière telle que Terre de Liens. Elle peut sensibiliser les habitants à l’utilité de ce type d’épargne.

Levier 6 : Développer le test d'activités

Les espaces-test agricoles sont des outils visant à faciliter la création d’une entreprise agricole par des porteurs de projet souvent non issus du monde agricole. Ils mettent à disposition des candidats un cadre légal d’exercice, des moyens de production (foncier, matériel, bâtiments) et un dispositif d’accompagnement technique et administratif. Ils peuvent être mis en place par les collectivités sur des sites éphémères ou permanents, ou par des agriculteurs sur une petite portion de leurs terres. Pour faciliter l’installation, les collectivités peuvent mettre en relation les porteurs de projet avec des gestionnaires de cantines ou des intermédiaires et commerces locaux pour leur fournir des débouchés. Elles peuvent aussi pratiquer le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties pour les jeunes agriculteurs.

Aller plus loin ?

  • Lire la voie de résilience Augmenter la population agricole du guide diffusé par Les Greniers d'Abondance.
  • Utiliser l'application PARCEL pour évaluer le nombre d'emplois agricoles à créer sur le territoire ou sur un ensemble de territoires (N'hésitez pas à jouer avec les paramètres).

Politique foncière

Depuis des décennies, les constructions humaines s’étendent à un rythme soutenu, détruisant de façon souvent irréversible des terres agricoles fertiles situées à proximité de nos lieux de vie. La disponibilité de ces terres est pourtant essentielle à un système alimentaire résilient.

Quelle situation pour mon territoire ?

Les indicateurs et chiffres-clés ci-dessous permettent de se faire une image de la disponibilité de surfaces agricoles et de sa dynamique d'évolution pour et ses territoires.

Surface agricole utile par habitant

La surface agricole utile par habitant (source et règle de calcul) permet d'appréhender la capacité de production du territoire. Une surface d'environ 4000 m²/hab est nécessaire pour le régime actuel, 2500 m²/hab pour un régime moins riche en protéines et produits animaux et 1700 m²/hab pour un régime très végétal (voir figure 33 page 141 du guide basée sur la figure 2 page 31 de Solagro (2019), Le revers de notre assiette. Changer d’alimentation pour préserver notre santé et notre environnement.).

Pour le territoire

Politique d'artificialisation

La politique d'artificialisation (source et règle de calcul) est un indicateur qualitatif appréhendant le respect de l'objectif national de Zéro Artificialisation Nette. Il se base sur le total d'hectares agricoles, naturels et forestiers qui ont été artificialisés sur une période donnée au regard notamment de l'évolution du nombre de ménages et d'emplois.

Pour le territoire

Rythme d'artificialisation

Le rythme d'artificialisation (source et règle de calcul) correspond au ratio entre le nombre d'hectares agricoles, naturels et forestiers qui ont été artificialisés en moyenne sur un an sur une période donnée et la surface agricole utile disponible au début de la période. Cette valeur doit tendre vers zéro dans le cadre d'un objectif de zéro artificialisation nette.

Pour le territoire

Chiffres clés à l’échelle nationale

Une part importante des terres sont aujourd'hui artificialisées, et le rythme d'artificialisation est élevé notamment au regard de la part de logements inoccupés :

Rythme d'artificialisation

L'équivalent d'un département moyen est artificialisé tous les 10 ans

Le Monde (2015)

Part de logements vacants en France métropolitaine

  • 8,3 %

INSEE (2018)

Comment ma collectivité peut-elle s'améliorer ?

En visant un objectif zéro artificialisation nette de façon à préserver les terres agricoles fertiles, au travers des leviers suivants :

Levier 1 : Observer le foncier agricole pour connaître et limiter son artificialisation
  • Réaliser un inventaire du foncier mobilisable pour des activités agricoles, pouvant être intégré à une démarche de Projet Alimentaire Territorial (PAT) ou à un Projet de Territoire pour la Gestion de l'Eau. Les acteurs pouvant être mobilisés incluent les services d’urbanisme, la SAFER, les réseaux associatif (e.g. Terre de Liens), et les acteurs de terrains (les techniciens rivières, les animateurs Natura 2000, les élu·e·s locaux·ales...).
  • Mettre en place et financer un dispositif de veille foncière, pour un suivi continu de la situation foncière. Cela nécessite des moyens d’animation et des outils de suivi cartographique.
Levier 2 : “Eviter” = protéger les terres agricoles

Au delà de la limitation drastique de zones ouvertes à l’urbanisation dans les documents d’urbanisme, des outils réglementaires de protection du foncier dépassant le court-termisme des mandats électoraux doivent être mis en place en périphérie urbaine pour stopper la spéculation et la rétention foncière, et protéger durablement les terres agricoles :

  • les zones agricoles protégées (ZAP) sont des servitudes d’utilité publique instaurées par arrêté préfectoral, à la demande des communes. Elles sont annexées au document d’urbanisme, auquel elles s’imposent.
  • les périmètres de protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PAEN) sont instaurés par le département avec l’accord des communes concernées et sur avis de la chambre d’agriculture, après enquête publique. Un apport des PAEN par rapport aux ZAP est d’intégrer un projet agricole de territoire, afin de soutenir l’activité et éventuellement de l’orienter vers une alimentation de proximité.
Levier 3 : “Réduire” = concentrer l’aménagement au sein des espaces déjà artificialisés
  • Stopper les constructions pavillonnaires (première cause d’artificialisation) et l’extension des zones commerciales périphériques
  • Établir des documents d’urbanisme économes en espace
  • Mettre en oeuvre une politique commerciale et économique ciblée
  • Construire une fiscalité incitative
Levier 4 : “Compenser” = pour atteindre zéro artificialisation nette

Il s’agit de renaturer une surface artificialisée existante équivalente aux nouvelles surfaces construites. Cela implique notamment la déconstruction, la dépollution, la désimperméabilisation, la construction de technosols permettant la végétalisation et la reconnexion fonctionnelle aux écosystèmes naturels environnants. Toutefois, ces mesures compensatoires sont complexes et coûteuses, et certains effets de l’artificialisation s’avèrent en pratique irréversibles.

Aller plus loin ?